FICHE SIGNALITIQUE - MA PRATIQUE - MES AMIS - CE QU’ILS PENSENT DE MOI - J’AIME J’AIME PAS - MON QUOTIDIEN - MES MOVES - MUSIC - LOCALISATION - COTATIONS

 

Peut-être que pour moi l’escalade était une fatalité, et que j’attendais qu’elle débarque dans ma vie. Mais pas n’importe laquelle !... je pratique une activité qui s’appelle « l’escalade libre ». Ce n’est pas juste un signifiant, c’est un signifié profond de sens.Si elle est libre, c’est qu’elle s’est émancipée des contraintes matérielles, des outils de progression, mais pas seulement... Elle est libre, car c’est ainsi qu’elle se pratique. Freeride, l’anglicisme du moment qui ajoute un peu de modernité, de fashion à cette dénomination.Pourtant le monde moderne a voulu l’indexer, l’anéantir.

A l’origine, toutes les disciplines se pratiquent autour d’un code, dans un profond respect des autres. Les notions d’honneur et de fairplay en forment la pierre angulaire.Puis le sport libre, responsable, a disparu avec son appropriation par les masses au début du siècle.Il y a des juges, des arbitres, des chronos, et tricher n’est presque plus honteux, cela fait partie du jeu… il faut juste ne pas se faire prendre. C’est pratiquement admis, voir socialement encouragé.

J’étais adolescent lorsque Pink Floyd a accouché du cultissime « the wall ».Un choc frontal comme on les sublime dans cette période privilégiée. The wall à l’époque, c’était le Verdon. L’esprit c’était l’anarchisme, l’antisocial, le marginal, mais surtout l’antisportif.L’entraînement, c’était pour les ringards et la compétition pour les beaufs. Le manifeste des 19 témoigne de l’utopie spirituelle de l’époque (je salue au passage l’un de mes sponsors signataire).
L’escalade a-t-elle failli ?
Les maux lumineux du sport ont attiré les grimpeurs éphémères pour les brûler dans sa lumière. On assiste à une multiplication de compétitions et maintenant d’évènements formatés par des sociétés, à profit unidirectionnel, axés sur un succès à court terme.Mais l’escalade libre n’est pas morte, elle a survécu car certains n’ont pas oublié le rêve, la passion.Des grimpeurs, mais aussi des partenaires, comme Yvon Chouinard qui s’interroge sur la raison sociale de sa société PATAGONIA, et fonde les week-end philosophiques. Il emmène ainsi toute sa compagnie réfléchir au pied d’un séquoia au cœur du Yosemite.
Michel BEAl, fidèle en amitié, a toujours épaulé les passionnés du rocher. Les sociétés FIVE-TEN et EXPRESSION HOLDS s’illustrent pour leur attirance compulsive à l’outdoor. SIMOND habite à Chamonix capitale montagnarde irréductible et emblématique.

Tous, ils m’aident à vivre ma passion, ma fièvre du rocher. C’est une chance rarissime de pouvoir survivre en marge du système. Je leur en suis particulièrement reconnaissant tous les jours. Hier, pendant un dîner, une amie m’a demandé : 

«  mais alors qui te juge lorsque tu fais une voie ? »
Personne !... J’écoutais Pink Floyd à quinze ans et vingt ans plus tard, je pratique une activité divergente, où l’on reconnaît à l’homme le droit et la légitimité de s’auto-arbitrer et de se juger :elle s’appelle «  l’escalade libre ». C’est une rescapée de la bêtise humaine !